COOPÉRATION NORD-SUD

By Jean Réné Meva’a Amougou , US Africa News. Updated 2016-05-28

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Depuis 1960, dans les périodes de prospérité comme de difficultés, l’Agence française de développement (AFD) assiste trois pays de la sous région dans leurs efforts de développement.

 

De passage au Cameroun à la faveur de la réunion des ministres des Finances de la zone franc tenue le 9 avril 2016 à Yaoundé, le ministre français des Finances et des Comptes publics, Michel Sapin, a paraphé le 8 avril dernier, avec son homologue camerounais, Alamine Ousmane Mey, un mémorandum d’entente sur le 3ème Contrat désendettement développement (C2D). Portant sur la période 2016-2020, ce dernier C2D qui sera officiellement paraphé au mois de juin 2016, est doté d’une enveloppe de 394 milliards de francs Cfa. Il portera alors à la somme de 960 milliards de francs Cfa, le montant total de l’enveloppe octroyée par l’Etat français au Cameroun depuis 2006, dans le cadre de cette initiative additionnelle de remise de la dette multilatérale adossée à l’initiative Pays pauvres très endettés (PPTE) du Fonds monétaire international (FMI).

 

Constance

 

C’est donc la continuité dans le «contrat». On se rappelle que le premier C2D signé entre les gouvernements français et camerounais en 2006, pour une durée de 5 ans, était doté d’une enveloppe de 352 milliards de francs Cfa, principalement investis dans les infrastructures communautaires (santé et éducation). Consacré au développement de projets agricoles, le second, conclu en 2011 pour une période similaire, concernait une enveloppe de 214 milliards de francs CFA. Les priorités du 3ème C2D seront dévoilées après sa signature effective annoncée pour juin 2016.

 

Au travers du volet santé du C2D pour la période 2001-2015, l’AFD s’est concentrée sur la réduction de la mortalité infanto-juvénile et l’amélioration de la santé maternelle, ainsi contre le VIH/SIDA. Elle a particulièrement appuyé la mise en œuvre de la politique sectorielle engagé par le gouvernement camerounais en accordant une attention aux régions les plus défavorisées. Un financement de 59 milliards de FCFA (90 millions d’euros), a été mis à cet effet dans le cadre d’une approche sectorielle harmonisée (SWAp).

 

En phase avec les enjeux de la sécurité alimentaire au Cameroun, l’AFD a fait du secteur rural un secteur de concentration des premier et second C2D. Elle a notamment affecté 111,5 milliards de francs CFA sur la période 2006-2016 à cinq programmes de développement agricole. Dans la zone sahélo-soudanienne (régions du Nord et de l’Extrême-Nord), les structures de production sont essentiellement constituées d’exploitations familiales, productrices de céréales, une partie d’entre elles intégrant dans leur système la culture cotonnière. Le développement de la culture cotonnière a donné lieu à une intensification des systèmes de culture, dont les niveaux de productivité sont aujourd’hui décroissants. Le Programme d’appui à la sécurisation et à la gestion intégrée des ressources agropastorales (ASGIRAP) a mis un accent particulier sur la concertation entre les différents usagers de l’espace (agriculteurs, éleveurs). La zone d’intervention du programme a même été élargie, au-delà de la zone cotonnière. Le projet a atteint, voire dépassé les objectifs fixés en matière d’aménagement des parcelles, d’intégration de l’arbre et de diffusion de la fumure organique.

 

Difficile d’oublier l’appui à l’opération de contractualisation de 37 200 instituteurs et l’amélioration des capacités en matière de pilotage et de gestion du système éducatif, initiée par le gouvernement camerounais à travers le ministère de l’Education de base (26,2 milliards de francs CFA). Dans le registre des infrastructures, l’AFD a engagé en 2015 pour près de 100 milliards FCA avec la contribution au projet routier Batchenga- Yoko-Lena (47 milliards de francs CFA (prêt souverain), le financement aux Aéroports du Cameroun (ADC) pour la rénovation des chaussées aéroportuaires et la construction d’un nouvel aérogare passagers à l’aéroport de Douala (31 milliards de francs CFA en prêt non souverain), le financement du projet «Douala ville durable» (1 milliard de francs CFA de subvention du Fonds français pour l’Environnement mondial) et le financement du projet d’appui au développement des indications géographiques en Afrique (2,1 de francs CFA de subvention à l’OAPI). A cela, il faut ajouter l’implication de l’Agence dans le projet Lom Pangar. Pour la construction de l’infrastructure de retenue d’eau dans la région de l’Est-Cameroun, pas moins 39,4 milliards de francs CFA ont été débloqués.

 

Portée sous régionale

 

Bien que les financements accordés par l’AFD soient importants en volume au Cameroun (près de 150 milliards de francs CFA  par an en moyenne depuis 2002), d’autres pays d’Afrique centrale bénéficient également de l’assistance du bailleur de fonds français. Depuis 2006, en République centrafricaine, l'Agence a engagé près de 70 millions d'euros de subventions (aides budgétaires compris - pour des projets en matière d'éducation et de formation, d'aménagement urbain, de développement local, d'infrastructures, de gestion des ressources forestières et de santé). Depuis la crise de 2013 - 2014, l'AFD a intensifié ses appuis en faveur de la RCA, en adoptant des instruments et modes de faire adaptés, en étroite coordination avec les autres acteurs de l'aide.

 

En Guinée équatoriale, elle mobilise aussi des instruments financiers (prêts, subventions ou prises de participation) pour des projets d’infrastructures. Le suivi des projets est assuré par l’Agence de Yaoundé, compétente pour le Cameroun, la Guinée équatoriale et la République centrafricaine où la représentation du groupe AFD est assurée par un bureau à Bangui. Le bureau régional Proparco de Douala est lui compétent pour l’ensemble de la zone CEMAC.

 

 

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